« J’étais sur le plateau de BFM où je n’aurais jamais dû aller pour parler de la condamnation de Nicolas Sarkozy », a publiquement regretté Fabrice Arfi (Bluesky, 29/09). En effet… Verrouillé par un présentateur reconverti en avocat de Nicolas Sarkozy – dont il mobilise les arguments de « défense » sous couvert de « questions qui fâchent » et de « nuances » –, le dispositif met le journaliste de Mediapart en situation d’être tantôt un « adversaire politique » de l’ancien président, tantôt le porteur d’une « opinion » parmi d’autres. Nourrir le confusionnisme tout en ayant l’air de servir le « pluralisme » et la « contradiction » : tel est le bilan de ce formatage du débat public, où les faits et l’information sont noyés sous un conducteur de fausses questions… et de vrais à-peu-près.
Un journalisme de diversion
Alors que le journaliste de Mediapart dénonce la stratégie médiatique de l’ancien président – accuser les médias « vendus à la gauche » et « les juges rouges » –, l’intervieweur relaie au contraire, dès sa deuxième question, l’un des principaux arguments de la défense Sarkozy : « C’est LA note qui a lancée la machine judiciaire. » Le lancement de Marc Fauvelle est sans équivoque : la première partie de son interview sera consacrée à la fameuse « note Moussa Koussa », du nom du chef des services secrets extérieurs libyens de Kadhafi, un document révélé en 2011 par Mediapart. « Que contient cette note ? », demande le présentateur à Fabrice Arfi. Alors que le journaliste de Mediapart explique ce que contient ce document, qui a permis de révéler une rencontre secrète entre le terroriste et chef des renseignements libyens Abdallah Senoussi et les proches de Nicolas Sarkozy, Marc Fauvelle ne rebondit pas sur « l’extraordinaire gravité » des faits qui sont évoqués face à lui… mais sur les arguments de la défense de…
Auteur: Vincent Bollenot

