Marcello Mio
Marcello Mio / Christophe Honoré / 2 h 01.
On sait que Christophe Honoré garde toujours vivant en lui son passé bien-aimé. Sa découverte des films de la Nouvelle Vague par exemple. Ce n’est pas de la nostalgie mais une façon de se laisser déborder par ce qui a été. L’héroïne de Marcello Mio, présenté en compétition (en salle simultanément), est aussi dans ce cas. Il s’agit de Chiara Mastroianni, qui interprète son propre rôle, comme les autres comédiens du film. Chez elle, le retour du passé est on ne peut plus intime, affectivement puissant puisque c’est son père, ou plus exactement le souvenir de celui-ci, qui la réveille la nuit, et le visage de l’acteur qui se superpose au sien quand elle se regarde dans un miroir. Renversant !
D’où sa radicale décision de changer d’identité, ce qui la « rend heureuse », dit-elle. C’est aussi une réponse crâne à ceux qui l’ont réduite au statut de « fille de ». Des cheveux courts, des lunettes d’écaille noires, un chapeau, et voici Marcello qui réapparaît. La ressemblance est troublante, Chiara Mastroianni est Marcello !
L’émotion est souvent là, sans pesanteur.
L’un des moteurs du scénario – léger au demeurant, le film déployant moins une intrigue qu’une évocation rêveuse – réside dans les réactions de son entourage. En premier lieu de sa mère, Catherine (Catherine Deneuve). Bluffée par cette apparition, croyant d’abord à un caprice, elle va vite accompagner sa fille dans ce voyage entre passé et présent aux nombreuses jointures. Le duo Deneuve - Chiara Mastroianni est particulièrement réussi, la première diserte et extravertie, la seconde plus retenue mais déterminée. L’émotion est souvent là, sans pesanteur, notamment…
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Auteur: Christophe Kantcheff

