Marche pour le climat : à Bordeaux, l'incendie dans toutes les têtes

Bordeaux (Gironde), reportage

« C’est la première fois que je m’engage dans une mobilisation. Clairement, le point de bascule, ça a été l’incendie, dit Estelle, qui s’apprête à prendre le micro devant des milliers de personnes, décidée. J’ai été particulièrement bousculée et effrayée par l’été que nous avons vécu. J’ai grandi dans les Landes, Le Porge, je connais bien. Alors quand j’ai vu l’appel pour la marche, ça tombait sous le sens. »

Dans le cortège, les pancartes dénoncent les canicules à répétition, l’inadaptation des logements et les enjeux de justice sociale. Mais un sujet revient dans toutes les bouches : l’incendie. La marche pour le climat a une résonance particulière en Gironde, durement touchée par le feu cet été : 42 000 hectares sont partis en fumée, 250 000 personnes ont été déplacées.

Pendant des jours, Bordeaux a suffoqué sous d’épaisses fumées, poussant ceux qui le pouvaient à quitter la ville. « Avec ce qu’on a vécu ici, c’est difficile de ne pas se sentir concernée », dit Charlotte, 27 ans.

La jeune femme aux cheveux rouges a installé un stand de maquillage au départ de la marche, sur la place de la Victoire, pour égayer la manifestation. « Les incendies de l’été ont remis les pendules à l’heure, poursuit-elle. Pour beaucoup de monde, voir le feu aux portes de Bordeaux, ça a rendu le danger proche et réel. »

« Entre les canicules et les feux, cet été a agi comme un électrochoc », confirme Christel Chaineaud. Ancienne élue d’opposition sur une liste d’union de la gauche dans la métropole bordelaise, elle a signé l’appel du 26 septembre et s’est investie dans l’organisation de la mobilisation à Bordeaux.

« Nos politiques n’ont pas pris l’ampleur de la catastrophe »

« Je suis en colère, dit-elle, j’ai vécu de près les incendies en 2022 : mes parents ont été évacués, mon frère pompier a…

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Auteur: Amandine Sanial