Dans le contexte de la fascisation, l’ampleur médiatique prise par l’affaire Barbara Butch nous a peut-être un peu tou·tes également consterné·es. Alors que le génocide en Palestine occupée se poursuivait dans l’indifférence médiatique générale, tout le personnel politique réagissait avec empressement et emphase à l’agitation contre un DJ set à Grenoble – DJ set dont le mouvement social avait échoué à obtenir l’annulation qu’il avait obtenue ailleurs. Cela a duré des semaines, et on croyait en avoir fini avant le bilan d’Houria Bouteldja, qui propose d’en déduire rien de moins que les orientations à suivre pour la présidentielles de 2027. Le non-événement qu’elle décrit semble avoir bien des implications.
Pour notre part, au NPA-L’Anticapitaliste, nous aurions voulu avoir bien moins à dire de l’affaire Barbara Butch : nous avions d’ailleurs choisi de ne pas nous exprimer, aussi le bilan sera-t-il bref. Nous ne dirions pas qu’il s’agissait d’un non-événement : l’interruption a été réussie, et manifeste un véritable rapport de force. C’est un encouragement, et la manifestation d’une capacité à passer de la protestation à l’action concrète pour empêcher un événement. La déshérence de la gauche sociale-démocrate s’y confirme, puisqu’elle a été en l’occurrence analogue à celle qu’on a pu voir s’étaler après la mort de Quentin Deranque – quoi que le fait soit de bien moindre envergure.
De là, Houria Bouteldja conclut à la frilosité de nos “allié·es”, des indécis·es qui les écouteraient (donc comprendre, des masses blanches) et donc à une forme de repli temporaire que nous devrions opérer. Son choix est de s’adresser principalement à la gauche, au mouvement social et elle nous enjoint à ne pas se montrer gauchistes par la subversion osée du Mao de 68 : avec panache, elle semble oublier qu’à tribord, l’inverse du gauchisme est…
Auteur: ugopalheta
