Toute forme de réaction collective, surmontant peurs et clivages, mérite d’être saluée. Réjouissons-nous donc de l’élan qui a conduit des hommes et des femmes de notre pays, citoyens et élus, à sortir dans la rue, samedi 22 novembre, pour dénoncer l’emprise terrible du narcotrafic dans notre société. Un système d’économie parallèle y prend une ampleur sans cesse grandissante.
Avec des conséquences particulièrement néfastes. Un chiffre glace le sang : en 2023, le trafic de drogue a fait 49 morts, uniquement à Marseille. Les chefs de cette mafia, puisqu’il faut bien l’appeler ainsi, sont prêts à tout pour défendre leurs intérêts. Ils entraînent avec eux une part de la jeunesse, auprès de qui la perspective d’un labeur justement rémunéré se dérobe. Sur le plan éducatif et social, c’est ravageur.
Que faire ? D’abord, ne pas se résigner. Puis sortir du silence. L’exemple est donné par Amine Kessaci, dont le frère, Mehdi, a été assassiné le 13 novembre à Marseille. Cinq ans après la mort de leur frère aîné, Brahim. Le courage du jeune militant écologiste a amorcé un sursaut inédit. Comme s’il était désormais impossible de baisser les bras alors qu’un « point de bascule » dans l’horreur semble avoir été franchi. Dans un magnifique symbole, des milliers de mains se sont tendues vers le ciel au cours des marches organisées dans la Cité phocéenne et dans plusieurs villes en France.
Mais il en faudra davantage pour venir à bout de ce que certains appellent « le narcoterrorisme ». S’attaquer massivement à la tête des réseaux, dans une lutte implacable. Agir, aussi, sur les causes multiples qui conduisent à vendre de la drogue mais aussi à en consommer. Recourir à des produits stupéfiants n’a jamais rien d’anodin. L’engrenage criminel y prend sa source. Pour trouver des remèdes et offrir un autre avenir aux quartiers gangrenés par…
Auteur:

