« Il n’y a pas de pilote dans l’avion de la commande publique. » Après le travail de la commission d’enquête sur la commande publique, le diagnostic du rapporteur Les Indépendants Dany Wattebled et du président socialiste Simon Uzenat est sans appel. Citant la direction des achats de l’Etat (DAE), la direction des affaires juridiques (DAJ) de Bercy ou encore le Commissariat général au développement durable (CGDD), Dany Wattebled identifie une « concurrence sans chef de file » qui entraîne une « dilution des responsabilités. » Le rapport sénatorial préconise de confier la responsabilité du pilotage de la commande publique au Premier ministre, qui devra assurer « sa cohérence et son efficience », ainsi que l’organisation d’un débat annuel au Parlement consacré à la politique d’achat de l’Etat.
Le modèle américain
Au-delà de la question de la gouvernance, la commission d’enquête a mis en évidence un véritable déficit dans la capacité de l’Etat à mobiliser la commande publique comme levier explique Simon Uzenat : « Dans le contexte de la guerre commerciale menée par Donald Trump, mais déjà avec la crise en Ukraine ou le Covid, la commande publique apparaît comme un levier de souveraineté, mais aussi pour les transitions écologiques et numériques. »
À cet égard, les Etats-Unis apparaissent comme un modèle d’irrigation du secteur privé par la commande publique. « Amazon Web Services (AWS) ou Musk et…
Auteur: Louis Mollier-Sabet

