Marguerite Durand. Lutter par la presse, Lucie Barette, Les Pérégrines, 240 pages, 20 euros.
Comédienne, patronne d’un journal, syndicaliste, créatrice d’un club automobile pour femmes ou d’un cimetière pour animaux : difficile d’énumérer toutes les activités exercées par Marguerite Durand au long de sa vie. C’est à travers celle de journaliste que Lucie Barette, l’autrice de cette passionnante biographie, narre l’étonnant parcours de son héroïne. Le regard de l’enseignante-chercheuse sur cette histoire du féminisme français fait prendre conscience au lecteur que la stigmatisation des femmes emprunte toujours aux mêmes refrains.
Marguerite Durand refuse d’écrire son article et démarre alors une vie presque intégralement dédiée à la cause féministe.
Ainsi, l’évocation des violences conjugales dont est victime Marguerite Durand au début de sa vie d’adulte, à la fin du XIXe siècle, résonne de façon très contemporaine. Faire constater ses blessures par un médecin, contacter son avocat avec l’aide de son ami Georges Clemenceau (rien que ça) et faire reconnaître son fils chez le notaire dans la foulée… Aussi « modernes » soient ces démarches, Lucie Barette n’oublie pas que Marguerite Durand peut agir ainsi grâce à son statut social : celui d’une bourgeoise.
Née dans une famille aisée à Paris, en 1864, celle qui est d’abord passée par la Comédie Française délaisse les planches de la capitale pour le journalisme aux côtés de Georges Laguerre, son premier mari, avocat républicain et député boulangiste. En poste au Figaro, elle est envoyée couvrir un événement qui est le point de départ de l’ouvrage et sans nul doute le tournant de sa vie : le Congrès féministe international de 1896.
La…
Auteur: Guy Pichard

