La paix de l’Empire
Ils ont appelé cela une victoire pour la paix. Les flashs crépitaient, les diplomates souriaient, et quelque part à Oslo, un public repu applaudissait pendant que le Comité Nobel apposait son sceau d’or sur María Corina Machado, une femme qui, jadis, supplia des armées étrangères d’envahir son propre pays. La presse s’empressa d’en faire un théâtre moral : « une courageuse championne de la démocratie », écrivait-on, comme si l’Histoire n’était pas témoin. Pour ceux qui observent depuis l’extérieur de la chambre d’écho impériale, difficile de ne pas en rire. C’était donc cela la paix, cette paix qui ne jaillit que du canon d’un fusil venu de Washington.
Machado n’a jamais été une artisane de paix. Toute sa carrière politique relève du sabotage : des coups d’État travestis en campagnes électorales, des émeutes déguisées en révolutions, et des sanctions maquillées en bienveillance humanitaire. Elle a applaudi lorsque les banques américaines ont gelé les avoirs pétroliers du Venezuela et a publiquement appelé à « mettre le chaos dans les rues » pour renverser son propre gouvernement. Aujourd’hui, elle parade devant le monde comme une incarnation de la vertu, serrant la main des mêmes élites occidentales qui ont armé des dictateurs et affamé des nations. Ce n’est pas de l’ironie ; c’est la logique impériale. Le même système qui a jadis couronné Henry Kissinger et Barack Obama « faiseurs de paix » récompense désormais une oligarque vénézuélienne pour avoir contribué à détruire son pays. Le prix Nobel de la paix, jadis conçu pour honorer la décence humaine, est devenu la cérémonie annuelle d’autocongratulation de l’empire.
Soyons clairs : le Comité Nobel ne décerne pas des prix pour la paix, il distribue des licences d’obéissance. C’est la branche morale de l’OTAN, celle qui blanchit le sang sous couvert…
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