Molène, qu’on surnomme l’île tranquille, a connu un jour pas comme les autres, mardi 8 juillet 2025. En effet, Marie Monot, devenue la première femme centenaire de l’île, la veille, a été fêtée comme il se doit par 140 personnes. Petit bout de femme discrète, elle a vu passer bon nombre de Molénais, de personnalités et d’anonymes, derrière son comptoir, au restaurant-bar L’Archipel.
Fille d’un pêcheur mareyeur, elle a perdu sa mère avant d’avoir un an. Élevée par son père, qui s’est remarié, elle est née et a toujours vécu sur son caillou, hormis un passage par le pensionnat, de ses 9 à ses 13 ans, au Conquet. Avant, elle était chez les sœurs et, quand on lui demande si elle travaillait bien, la réponse est nette : « On était bien obligé de le faire ! ».
« Les études, c’était pour les garçons »
Après son certificat d’études, obtenu avec un an d’avance, elle aurait bien poursuivi dans cette voie : « À cette époque, on était obligé de travailler tôt et les études, c’était pour les garçons, pas pour les filles ! ». Il y avait deux écoles, celle des filles, dont la maternelle, qui abritait 120 élèves, et celle des garçons, qui comptait une quarantaine d’écoliers dans deux classes de primaire.
Des souvenirs, Marie en a mais beaucoup sont trop lointains. « Il y a eu plein de changements en un siècle mais, surtout, une diminution du nombre d’habitants, d’élèves à l’école et de pêcheurs », se remémore-t-elle. Quand Marie avait une quinzaine d’années, 650 âmes vivaient sur l’île, dont plus de 150 pêcheurs de langoustes, homards et poissons, contre cinq aujourd’hui. Chaque famille se suffisait à elle-même entre les…
Auteur: Claude Morizur

