Marie Monot a eu quatre enfants : Marcel (à gauche), Marie-Noëlle (debout), et les jumelles Marie-Jo (à droite) et Aimée-Andrée (décédée). La centenaire a reçu un tableau des mains du peintre Bernard Morinay.

Marie Monot est devenue la première femme centenaire de l’île Molène …

Molène, qu’on surnomme l’île tranquille, a connu un jour pas comme les autres, mardi 8 juillet 2025. En effet, Marie Monot, devenue la première femme centenaire de l’île, la veille, a été fêtée comme il se doit par 140 personnes. Petit bout de femme discrète, elle a vu passer bon nombre de Molénais, de personnalités et d’anonymes, derrière son comptoir, au restaurant-bar L’Archipel.

Fille d’un pêcheur mareyeur, elle a perdu sa mère avant d’avoir un an. Élevée par son père, qui s’est remarié, elle est née et a toujours vécu sur son caillou, hormis un passage par le pensionnat, de ses 9 à ses 13 ans, au Conquet. Avant, elle était chez les sœurs et, quand on lui demande si elle travaillait bien, la réponse est nette : « On était bien obligé de le faire ! ».

« Les études, c’était pour les garçons »

Après son certificat d’études, obtenu avec un an d’avance, elle aurait bien poursuivi dans cette voie : « À cette époque, on était obligé de travailler tôt et les études, c’était pour les garçons, pas pour les filles ! ». Il y avait deux écoles, celle des filles, dont la maternelle, qui abritait 120 élèves, et celle des garçons, qui comptait une quarantaine d’écoliers dans deux classes de primaire.

Marie Monot a eu quatre enfants : Marcel (à gauche), Marie-Noëlle (debout), et les jumelles Marie-Jo (à droite) et Aimée-Andrée (décédée). La centenaire a reçu un tableau des mains du peintre Bernard Morinay. (Michèle Cessou)

Des souvenirs, Marie en a mais beaucoup sont trop lointains. « Il y a eu plein de changements en un siècle mais, surtout, une diminution du nombre d’habitants, d’élèves à l’école et de pêcheurs », se remémore-t-elle. Quand Marie avait une quinzaine d’années, 650 âmes vivaient sur l’île, dont plus de 150 pêcheurs de langoustes, homards et poissons, contre cinq aujourd’hui. Chaque famille se suffisait à elle-même entre les…

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Auteur: Claude Morizur

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