L’eurodéputée Marie Toussaint, vice-présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen, revient sur la proposition de loi de la Commission européenne qui vise à vider de son contenu le Pacte vert. Elle appelle à un sursaut pour l’écologie et la défense des droits humains.
La proposition de loi qui s’attaque au Pacte vert est la première issue de la Commission européenne, dont le mandat de la présidente, Ursula von der Leyen, a été renouvelé en décembre 2024. Ce texte traduit-il un tournant dans la politique de la Commission européenne ?
Marie Toussaint : Ursula von der Leyen a commis un péché originel pour son deuxième mandat. La présidente de la Commission européenne a décidé de s’allier avec Giorgia Meloni en désignant Raffaele Fitto comme vice-président de la Commission alors qu’il est issu du parti d’extrême droite, Fratelli d’Italia. C’est un tournant majeur puisque le cercle « prodémocratique et pro-européen » scelle désormais des stratégies – au moins thème par thème – avec une partie ou toute l’extrême droite européenne.
Sur le même sujet : Inaction climatique européenne
Une fois ces nominations menées, la première décision d’Ursula von der Leyen a été de détricoter le Pacte vert. Elle a voulu défaire les règles régissant l’encadrement des activités des entreprises tant sur la question des droits humains que sur la durabilité. Cette proposition de loi, dite Omnibus [elle rassemble plusieurs paquets d’amendements de simplification, N.D.L.R.] touche trois textes : la transparence des entreprises sur leurs impacts sociaux, environnementaux et de gouvernance (CSRD), la prévention et la réparation des dommages sociaux et environnementaux des entreprises (C3RD), et la taxonomie…
Auteur: Caroline Baude

