Ce mercredi 8 juillet, l’extrême droite a voulu lancer sa machine électorale, comme si de rien n’était. À La Flèche, dans la Sarthe, la quadruple candidate a décidé de se payer un bain de foule, au lendemain du délibéré dans l’affaire des assistants parlementaires européens. La ville, passée au Rassemblement national (RN) aux dernières élections municipales, est l’un des plus grands fiefs de l’ouest français du parti. Tout devait être une balade en terrain conquis.
C’était sans compter sur une contre-mobilisation antifasciste. Programmé pour durer une heure et demie, le déplacement s’achève au bout de quarante minutes à peine, les stands du marché tout juste visités, les poignées de main déjà comptées. Le président du RN, Jordan Bardella, qui avait pourtant écourté un déplacement pour rentrer précipitamment de Strasbourg le mardi 7 juillet, s’est fait discret. Il a laissé son mentor occuper seule le devant de la scène.
Sur le marché de la Flèche, le président du Rassemblement national s’est réjoui de pouvoir démarrer la campagne « main dans la main » avec Marine Le Pen auprès de la presse présente. Il a également dit ne ressentir, « ni soulagement, ni déception » quant à sa non-candidature. Des prises de paroles sobres, déjà, qui en disent long sur l’équilibre du « binôme complémentaire ».
Ci-gît une candidature présidentielle
La veille, sur le plateau du journal de 20 heures de TF1, la cheffe de file du RN met fin au suspense : elle annonce qu’elle se pourvoit en cassation, ce qui suspend automatiquement la peine d’inéligibilité. Dans l’attente de cette procédure officialise sa candidature à l’élection présidentielle. Comme si le jugement rendu quelques heures plus tôt ne constituait qu’une étape supplémentaire sur le chemin de sa « renaissance », nom dévoilé sur ses réseaux sociaux dans la foulée de son intervention…
Auteur: William Jean

