Marine Le Pen, la démocratie confisquée

Dimanche dernier, à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen s’est posée en incarnation de la démocratie. Son discours, long fleuve de plus de deux heures, pourrait se résumer en une promesse : elle, et son parti, seraient les gardiens de la « souveraineté populaire » et de la démocratie, là où Emmanuel Macron et ses alliés n’auraient fait que piétiner le suffrage universel et le peuple. Hier mis au ban, précisément pour leurs atteintes à la démocratie, les héritiers du lepénisme s’érigent désormais en gardiens des institutions et de la République. Mais de quelle démocratie parle Marine Le Pen ?

Le référendum alimente le mythe de l’expression directe d’un peuple homogène recouvrant du pouvoir face aux élites.

Semblant proche d’une revendication centrale des gilets jaunes – un référendum d’initiative citoyenne (RIC) –, le Rassemblement national (RN) met en haut de ses propositions celle du recours au référendum. Il en fait un équivalent de la démocratie. Sa conception reste verticale : le référendum reste à l’initiative du pouvoir et repose sur une conception plébiscitaire. Il alimente le mythe de l’expression directe d’un peuple homogène recouvrant du pouvoir face aux élites.


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Le Parlement, les partis d’opposition, la presse, la société civile organisée ? Tous sont réduits à des « petits jeux » ou à des « théâtres d’ombres » qu’il faut dépasser par cette expression directe et naturelle du peuple. Quand le suffrage universel est invoqué, il l’est comme un couperet : il ne s’agit plus d’une délibération collective suivie d’un choix, mais d’un mandat conférant à celui qui l’emporte une légitimité totale et exclusive.

Le…

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Auteur: Pablo Pillaud-Vivien

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