Marine Le Pen ne veut décidément pas qu’un non-Le Pen devienne président de la République. Derrière le récit d’une entente parfaite avec Jordan Bardella, derrière les photographies soigneusement composées d’un tandem indissociable, une vérité politique apparaît : lorsque vient l’heure du choix, elle ne se résout pas à lui céder la place.
Depuis des mois, le Rassemblement national (RN) racontait une histoire. Celle d’un parti enfin institutionnalisé, débarrassé de son caractère dynastique, capable d’assurer sa succession comme n’importe quelle grande formation politique. Jordan Bardella incarnait cette promesse. Il était l’héritier sans être l’héritier de sang. Il était la preuve que le RN pouvait survivre à son nom fondateur. Marine Le Pen vient de démontrer exactement l’inverse. En annonçant qu’elle ira jusqu’au bout de son pourvoi en cassation et qu’elle sera candidate, quoi qu’il arrive, elle suspend désormais toute la stratégie de son parti à son propre calendrier judiciaire.
Sur le même sujet : Procès du RN : pourquoi Bardella n’en a pas fini avec les Le Pen
Elle demande aux siens d’attendre. D’espérer. De croire que les juges se trompent quand ils rappellent le droit. Que les juristes se trompent lorsqu’ils analysent les conséquences possibles de la procédure. Que le temps jouera forcément pour elle. Interrogée ce mardi soir sur TF1 sur l’hypothèse où la Cour de cassation confirmerait sa condamnation, sa réponse tient en deux mots : « Nous verrons. » Deux mots qui résument désormais la stratégie du RN : attendre que le destin judiciaire de Marine Le Pen décide de son destin politique.
Ce n’est plus seulement un pari judiciaire. C’est un pari personnel imposé à toute une famille politique….
Auteur: Pierre Jacquemain

