Quel jugement alambiqué ! La cour d’appel de Paris a bien confirmé la culpabilité pleine et entière de Marine Le Pen pour « détournement de fonds publics ». Elle a bien souligné dans ses attendus « la violation de la confiance que les électeurs sont fondés à avoir dans leurs représentants ». Mais pourquoi alors avoir réduit à quarante-cinq mois la peine d’inéligibilité que le tribunal de première instance avait fixée à cinq ans ? Tout se passe comme si les juges avaient voulu jouer aux plus fins avec Marine Le Pen, lui rendant son éligibilité, tout en croyant rendre impossible sa candidature par une peine de prison exécutée sous bracelet électronique.
La désormais candidate a vu le trou de souris dans lequel elle allait pouvoir se faufiler, spéculant habilement sur les lenteurs de la justice.
Ainsi, l’impossibilité de se présenter à la présidentielle ne repose plus sur une décision de justice claire, mais sur la morale aléatoire de la cheffe du Rassemblement national. Un pari risqué comme la suite l’a prouvé. Marine Le Pen s’était engagée à ne pas se pourvoir en cassation, elle s’est pourvue en cassation. Elle avait juré ses grands dieux qu’elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique, ce n’est plus un problème aujourd’hui. Une aubaine, au moment où le jeune Bardella commençait à faire peur à ses amis.Flanquée d’une armada d’avocats, la désormais candidate a vu le trou de souris dans lequel elle allait pouvoir se faufiler, spéculant habilement sur les lenteurs de la justice.
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Auteur: Denis Sieffert

