Après l’annonce de la composition du gouvernement de François Bayrou, la secrétaire nationale du parti Les Écologistes, Marine Tondelier, livre à Reporterre ses craintes quant aux décisions politiques à venir sur l’écologie, et évoque l’urgence de s’organiser pour l’après.
Reporterre — Agnès Pannier-Runacher reste ministre de la Transition écologique dans le gouvernement de François Bayrou mais ni l’énergie, ni les transports, ni le logement ne sont sous sa tutelle. Que vous inspire ce rétrécissement du périmètre de l’écologie ?
Marine Tondelier — Ça fait bien longtemps qu’on ne croit plus au père Noël. Le ministère de l’Écologie récupère la Mer et les Forêts mais perd l’Énergie : on donne d’une main pour retirer de l’autre.
Le problème est plus large que ça : aux ministères de l’Économie, du Budget, de l’Agriculture, des Transports, de l’Éducation, nous avons des personnes qui ne sont pas sensibles aux enjeux écologiques. Sans parler de l’Intérieur, qui devrait poursuivre dans sa logique de criminalisation des militants écologistes et des syndicalistes. Dans un tel environnement hostile, c’est quasiment mission impossible pour un ministère de l’Écologie de gagner des arbitrages.
Et puis, s’ils laissent Agnès Pannier-Runacher en poste, c’est sûrement parce qu’ils savent qu’elle ne va pas beaucoup déranger.
La composition très droitière de ce gouvernement ne laisse certes pas présager de politiques de rupture mais pensez-vous qu’il soit au moins possible d’arracher quelques mesures sur l’écologie ? Quelle impression vous a laissé votre entrevue avec François Bayrou ?
Nos 100 maires écologistes font déjà un travail remarquable sur tout le territoire, même avec un soutien défaillant de l’État, et nos groupes parlementaires vont évidemment continuer à se battre pour porter des amendements et des propositions de loi. Comme la loi contre…
Auteur: Vincent Lucchese

