Le philosophe belge Mark Coeckelbergh (*), spécialiste des médias et des technologies, fait partie des 40 experts nommés par les Nations Unies pour constituer un Groupe scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle (IA).
Ces experts ont été sélectionnés parmi plus de 2 600 candidats à l’issue d’un examen indépendant mené par plusieurs organes des Nations Unies, dont l’Union internationale des télécommunications (UIT). Ils exerceront leurs fonctions pendant trois ans afin de faire progresser les connaissances scientifiques et de garantir que les délibérations internationales s’appuient sur les meilleures données disponibles.
Leur rapport annuel alimentera les discussions menées dans le cadre du Pacte numérique mondial adopté lors du Sommet du futur de 2024, qui définit une vision commune d’un avenir numérique ouvert, sûr et inclusif.
« Dans un monde où l’IA progresse à une vitesse fulgurante, ce groupe apportera ce qui manquait jusqu’à présent : des analyses scientifiques rigoureuses et indépendantes permettant à tous les États membres, quelles que soient leurs capacités technologiques, de participer sur un pied d’égalité », a déclaré António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies.
Mark Coeckelbergh souligne l’importance de la gouvernance mondiale pour l’IA à une époque où le multilatéralisme est mis à mal.
Vous avez écrit plusieurs ouvrages en anglais sur l’IA, notamment « L’éthique de l’IA » et « Pourquoi l’IA mine la démocratie et comment y remédier ». Vous démontrez que la trajectoire actuelle est néfaste pour l’humanité. Pourquoi ?
Telle qu’elle est utilisée et développée actuellement, l’IA sape la démocratie de multiples façons. Elle peut servir à manipuler les électeurs et les élections d’une manière inédite. Le ciblage personnalisé des électeurs à partir de leurs données personnelles est…
Auteur: benelux

