I. Le contexte colombien. Le déclin de la démocratie et l’émergence des « Républiques indépendantes » (1948-1952)
D’une guerre civile à l’autre
Entre 1948 et 1958, la Colombie est en proie à la guerre civile. La période, communément appelée La Violencia, est marquée par la mort de 200 à 300 000 Colombiens et la migration forcée de 2 millions de paysans vers les centres urbains – sur une population totale alors estimée à 11 millions d’habitants. En 1953, un coup d’État militaire visant à stabiliser la situation provoque le rapprochement progressif des libéraux et des conservateurs, tandis que la socialistes et communistes refusent de déposer les armes et prennent le maquis dans le sud du pays, inspirés par la résistance vietnamienne puis la révolution cubaine de 1959.
De leur côté, le Parti libéral et le Parti conservateur vont conclure un pacte de pacification : le Front National. Cet accord de cogestion effectif dès 1958 prévoit l’alternance au pouvoir entre un président libéral et un président conservateur, ainsi que la répartition des ministères et des charges publiques locales entre les deux partis. L’accord empêche les autres partis de se présenter sans l’étiquette libérale ou conservatrice. Il dictera la vie politique, la modernisation étatique et la paix sociale jusqu’en 1974.
Soldat colombien dans les rues de Bogota pendant le Bogotazo, épisode de violence consécutif à l’assassinat du leader libéral Jorge Eliécer Gaitán, qui ouvre la période de la Violencia. (1948)
Lorsque s’allument les brasiers…
Écartés du jeu démocratique et des voies légales, certains secteurs de la gauche urbaine et rurale se radicalisent et rejoignent l’hypothèse de la lutte armée. Les insurgés s’organisent dans ce qui deviendra bientôt les FARC, l’ELN, l’EPL ou encore le M-19, s’inspirant de la stratégie maoïste de guerre populaire – guérilla,…
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