Mercredi 19 février au matin, les marseillais et marseillaises ont découvert, sur toute la hauteur d’un immeuble situé dans le quartier de la Timone, une immense inscription : «Marseille Antisioniste» accompagnée d’un drapeau palestinien. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la réalisation a de l’impact, et qu’il a fallu des talents d’acrobates et déjouer le vertige pour réaliser cette peinture.
Toute la droite locale mais aussi nationale s’est immédiatement enflammée : la sénatrice LR Valérie Boyer a estimé que ce graffiti était «injurieux», Ludovic Perney, du même parti, à Marseille, a parlé d’«une honte», Renaud Muselier, qui dirige la région PACA, a aboyé qu’il s’agissait d’un «vernis insupportable de l’antisémitisme», et la présidente du département aussi a hurlé à la mort. Le CRIF de Marseille a ajouté : «Ces inscriptions nous affligent et nous révoltent».
La mairie de Marseille a dit avoir «immédiatement mobilisé les services municipaux et pris attache avec la copropriété pour le faire effacer dans les plus brefs délais». Mais ce n’est pas tout : les autorités ont déclenché une enquête, et les limiers de la police sont déjà aux trousses d’un suspect filmé par les caméras de vidéosurveillance, qui «descend en rappel le long de la façade de l’immeuble tagué avant de prendre la fuite à pied» selon la presse. On espère que le peintre escaladeur avait pris soin de masquer son visage. En ces périodes d’épidémies, on n’est jamais trop prudent.
Dès ce vendredi 21 février, l’intégralité de la façade de l’immeuble et ses 12 étages avaient déjà été karcherisée. Le bâtiment n’a jamais été aussi propre. Une opération qu’on imagine très coûteuse en matériel et en personnel. Dans une ville marquée par un énorme taux de pauvreté, où des centaines de milliers d’habitant-es sont abandonné-es par les services publics, et où la mairie laisse…
Auteur: B

