L’alerte rouge danger feux a été déclenchée par Météo-France le 16 juillet dans trois départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur : le Var, le Vaucluse et les Bouches-du-Rhône. La semaine du 8 juillet, de violents incendies ont touché Narbonne et Marseille. Les villes sont-elles prêtes à affronter cet été à haut risque, et les prochains à venir ?
L’urbanisation croissante a rapproché les habitats des forêts. « Les villes construites à proximité de massifs forestiers ne sont pas prêtes, et la périphérie est vulnérable, dit Clément Gaillard, docteur en urbanisme spécialisé sur l’adaptation au réchauffement climatique. On est face à un rythme de feu qui va s’intensifier et on ne peut pas l’arrêter. Le feu va se rapprocher des villes mais ce sujet n’a pas encore émergé en tant que sujet majeur, ce qui fait que nous ne sommes pas préparés. »
« Il est urgent d’investir »
Pour Jordan Szcrupak, paysagiste-concepteur et enseignant à l’Ensa Marseille IMVT – Institut méditerranéen de la ville et des territoires, les villes doivent apprendre à construire avec la question du risque incendie — comme cela se fait pour les inondations. « On devrait être prêt depuis dix ans, mais la récurrence des catastrophes montre qu’on ne l’est pas, dit ce spécialiste des feux. Il est urgent d’investir pour aménager les espaces périurbains avec une planification stratégique, des documents d’urbanisme qui intègrent la science du feu. »
Selon lui, les voiries doivent être rénovées pour pouvoir évacuer les habitants plus facilement et des réseaux d’eau sous pression déployés en périphérie des villes pour alimenter les fourgons des pompiers. « Tout cela doit se faire avec la rénovation des bâtiments pour assurer la sécurité des personnes, notamment en soutenant les filières de l’écoconstruction. Cela permet de produire des bâtiments exemplaires et résilients au feu…
Auteur: Louise Mohammedi

