Martin Sellner, l’homme qui se cache derrière le concept raciste de « remigration »

Les manifestations lycéennes et étudiantes n’ont pas eu lieu. Ou plutôt, si elles ont eu lieu, elles n’ont pas été l’expression de revendications liées à la vie chère et aux conditions d’enseignement, mais celles d’« émeutes ethniques ». « C’est un schéma récurrent : les libéraux de gauche lancent une campagne autour d’idées abstraites telles que les loyers, les violences policières et le prétendu racisme. Les extrémistes de gauche s’en emparent et tentent de la détourner par la violence. Les migrants profitent de l’occasion pour piller. » Telle est la grille de lecture que propose Martin Sellner, dans un post sur X daté du 18 octobre.

Martin Sellner, principal orateur du « Plan secret contre l’Allemagne » : déporter 2 millions d’individus d’origine immigrée vers une zone aménagée d’Afrique.

C’est peu dire que l’homme de 37 ans est coutumier de ces écrits : Martin Sellner a cocréé en 2012 le Mouvement identitaire autrichien (IBÖ), qu’il a dirigé jusqu’en 2023. Le groupe, qui reprend les codes du mouvement français d’extrême droite et nationaliste blanc Génération identitaire, dissous en 2021 par le gouvernement, s’est fait connaître par ses actions coups de poing. En 2016, Martin Sellner interrompt une pièce du prix Nobel de littérature Elfriede Jelinek, interprétée par des réfugiés à Vienne, en répandant du faux sang et des tracts hostiles au multiculturalisme.

« Les identitaires se sont toujours perçus comme des militants de rue, mais ils se considèrent aussi comme des pionniers qui élaborent des stratégies pour toute l’extrême droite », analyse Bernhard Weidinger, chercheur au Centre de documentation de la résistance autrichienne (DÖW) à Vienne. Le contexte germanophone parle de « droite mosaïque » pour désigner un modèle à trois piliers : le parti, un noyau d’activistes extraparlementaires et des médias alternatifs. Pour Bernhard Weidinger,…

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Auteur: Juliette Heinzlef