Le couvre-feu vient d’être levé en Martinique ce mardi 5 novembre, alors que l’île connaît, depuis le mois de septembre, un important mouvement contre la vie chère et des émeutes urbaines. Radiographie d’une révolte orchestrée par un collectif atypique, le RPPRAC (Rassemblement populaire pour la protection des populations et des ressources afro-caribéennes) dont le leader, sans emploi et sans expérience militante, s’est fait connaître grâce aux réseaux sociaux.
Les outre-mer connaissant périodiquement des mouvements de lutte contre la vie chère relayés par les acteurs politiques de la démocratie locale. En Martinique, un mouvement porté par un collectif jusqu’alors inconnu, le RPPRAC, a réussi à fédérer en quelques semaines la frange la plus vulnérable de la société autour d’un enjeu social longtemps négligé.
En marge de cette mobilisation sociale, plusieurs nuits de violence urbaine ont créé des dommages économiques, sociaux, psychologiques considérables. Deux cents entreprises ont été pillées, vandalisées ou incendiées, mille cinq cents emplois sont perdus ou menacés, et des infrastructures publiques ont été endommagées.
Un collectif atypique dans le champ des luttes sociales
À plus d’un titre, le collectif RPPRAC (le « R » comme l’appellent ses partisans qui associent volontiers Rassemblement et Rodrigue, le prénom de son leader), est un objet sociopolitique non identifié. Sans précédent ni équivalent outre-mer, ce collectif atypique apparaît publiquement en septembre 2024 au terme d’un ultimatum adressé deux mois auparavant à la grande distribution pour un alignement des prix sur ceux de l’Hexagone.
Rodrigue Petitot, son président et leader éponyme, n’a ni passé syndical ou politique. Il était cependant connu de la justice pour quelques actes délictuels commis dans l’hexagone. Adepte des réseaux sociaux où il s’est fait connaître, il s’empare du thème du…
Auteur: CONSTANT Fred, PROFESSEUR DES UNIVERSITES EN SCIENCE POLITIQUE, Université des Antilles

