En dehors de Hongrie, la plupart des fidèles catholiques ont été marqués le week-end dernier par les canonisations de Pier Giorgio Frassati et Carlo Acutis, érigés en modèles pour la jeunesse de notre temps. Mais à une centaine de kilomètres de Budapest, c’est une autre jeune figure qui a été béatifiée ce samedi par le cardinal Péter Erdő : Mária Magdolna Bódi, hongroise tuée par des soldats soviétiques à l’âge de 24 ans, en 1945, au cours d’une tentative de viol.
La jeune femme rejoint ainsi les « martyres de la chasteté » qui ont agrémenté le calendrier des saints aux XIXe et XXe siècles – et dont la plus célèbre est Maria Goretti, une enfant de douze ans tuée en 1902 par le voisin adulte qui voulait la violer.
Trois jeunes modèles de sainteté étrangement sexués
Ce ne sont donc pas deux, mais trois jeunes modèles de sainteté – étrangement sexués – qui ont été portés sur les autels de l’Église romaine le week-end des 6 et 7 septembre : deux garçons qui ont marqué leurs contemporains par leurs engagements respectifs, au service des pauvres, de la démocratie chrétienne et de l’apostolat à l’heure du numérique ; et une jeune femme ayant fait vœu de virginité perpétuelle, qui aurait choisi d’être criblée de balles plutôt que d’être pénétrée sexuellement malgré elle. Implacable division sexuelle de la béatitude !
Durant mes années d’engagement sur les violences sexuelles dans l’Église, j’ai été marqué par la douleur que la pastorale des Martyres de la chasteté inflige aux victimes survivantes, hommes et femmes, en redoublant leurs souffrances de culpabilité : « Ces récits nous accusent, nous disent que nous aurions dû mourir pour défendre notre chasteté, m’ont-elles dit. Ils font peser un soupçon très dur sur les victimes qui ne se défendent pas et passent sous silence tout ce que l’on sait de l’effet de…
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