À propos de Luis Martínez Andrade : Dialectique de la modernité et socialisme indo-américain, L’Harmattan, 2023, 190 p.
La première chose que l’on note lorsque l’on ouvre le livre de Luis Martínez Andrade, c’est la composition de son sommaire. Il s’agit en effet d’une compilation de six articles dont les thématiques se croisent, bien qu’ils soient indépendants les uns des autres. On note aussi que trois articles contiennent déjà dans leur titre des références directes à la religion. Celui choisi pour le recueil, de même que la distribution des articles, masque le fait que la moitié du livre s’engage dans une réflexion sur le rapport souvent tendu entre socialisme et religion, phénomène auquel l’on pouvait s’attendre puisque son auteur est l’un des plus importants sociologues de la religion de la jeune génération en Amérique Latine.
Dialectique de la modernité et socialisme indo-américain est une œuvre d’histoire intellectuelle qui présente l’ouvrage de certains auteurs marxistes latino-américains, qui tente de trouver des affinités possibles avec des auteurs non marxistes, et finalement, qui montre qu’il n’est pas possible de laisser la religion de côté pour penser la politique émancipatrice sur ce continent. Au fond, ainsi que le suggère Andrade, la dialectique de la modernité doit prendre au sérieux son contenu théologique très souvent refoulé. Bien plus que sur le « socialisme indo-américain », il s’agit d’un livre sur le socialisme en Amérique latine.
C’est au chapitre d’ouverture que ce livre emprunte son sous-titre « Socialisme indo-américain ». Ici, Andrade nous propose une très informée et rigoureuse introduction à la pensée et la vie du marxiste péruvien José Carlos Mariátegui. Selon lui, « Mariátegui produit une synthèse dialectique entre la tradition (éléments de socialisme pratique) et le présent (luttes des classes) tournée vers l’avenir…
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Auteur: redaction

