« On se sent totalement démunis. Vous ne me rassurez pas. » La présidente de la délégation aux droits des femmes au Sénat, Dominique Vérien (Union centriste), vient d’écouter attentivement l’argumentaire des trois spécialistes sur la tendance « mascu ». « Mascu » ? Il s’agit du mouvement du masculinisme, croissant chez les jeunes générations. La délégation a organisé un colloque le 27 novembre dernier sur sa montée en puissance sur les réseaux sociaux. Ce jeudi 11 décembre, elle a cette fois sollicité trois chercheurs.
« Le masculinisme est une forme d’antiféminisme ciblant principalement les femmes défendant leurs droits et leurs émancipations », définit Laura Verquere, maîtresse de conférences à l’université de Lille. Il propage la vision d’une société dans laquelle l’homme est supérieur à la femme dans le domaine social, économique et politique. Le phénomène s’appuie sur trois « constats » :
- Le mythe de l’égalité déjà là : l’égalité des sexes étant déjà atteint, les revendications féministes actuelles sont obsolètes.
- La théorie de l’effet pervers : le féminisme s’est radicalisé et promeut une guerre des sexes au détriment des hommes.
- La crise de la masculinité : l’identité masculine est en perdition, ce qui légitime une position victimaire des masculinistes.
Terrain de jeu lucratif
Malgré sa récente surexposition, le masculinisme est ancien. Il apparaît en même…
Auteur: Guillaume Cros

