Ce texte a été écrit le 30 octobre, deux jours après l’opération policière la plus vaste et la plus meurtrière de toute l’histoire de Rio de Janeiro, à laquelle ont participé 2500 policiers, contre le Comando Vermelho, qui contrôle diverses favelas de la « cité merveilleuse ». Cette “Operación Contención” qui s’est déployée sur les favelas de Penha y Alemão, a causé la mort d’au moins 121 personnes, ce qui en fait le massacre d’État le plus sanglant qui ait jamais eu lieu dans les périphéries du Brésil. Traduit par Alèssi Dell’Umbria à partir de la version castillane publiée par les camarades mexicains de Pensamiento & Batalla.
Le 5 mai 2021, le massacre de Jacarezinho a marqué une rupture symbolique : pour la première fois depuis des décennies, l’État brésilien a agi sans aucune honte, affichant ouvertement son visage répressif. Au cours de cet épisode, vingt-huit personnes ont été exécutées sous prétexte d’une opération « contre le trafic », mais ce à quoi on a assisté était en réalité la répétition générale d’une nouvelle forme de gouvernance : un gouvernement par la mort. Le texte que j’ai écrit à l’époque, intitulé « Jacarezinho et le narco-État », allait déjà dans ce sens : l’État ne « faillit » pas en tuant, il remplit sa fonction structurelle de défense des intérêts des classes dominantes, transformant le contrôle social en source de profit et de pouvoir. La létalité n’est pas une erreur, c’est une méthode comptable de l’ordre.
Ce massacre a été le laboratoire de la doctrine qui allait mûrir quatre ans plus tard, dans les favelas de Penha et d’Alemão. Ce qui a changé entre 2021 et 2025, ce n’est pas la nature de la violence, mais sa gestion : la mort est devenue une donnée administrative, planifiée, mesurée, légitimée en tant que politique publique. Ce qui était un « excès » est devenu une méthode ; ce qui était…
Auteur: dev

