À peine 12 h 30 ce mercredi, au Tasty Crousty de Nanterre (Hauts-de-Seine), près de la place de la Boule. À l’intérieur de la petite boutique ou sur le trottoir, plus de vingt personnes attendent déjà la préparation de leur barquette de poulet croustillant. Frit, nappé de sauce et servi avec du riz, le plat fait le succès de l’enseigne.
Quelques livreurs, casques de scooter sur la tête, côtoient des groupes de lycéens et d’étudiants, et des travailleurs des environs. « Ça change des burgers, et puis c’est pas cher », explique Yousra, venue avec ses amis en bus depuis l’université. Employée du centre de contrôle technique auto voisin, Ana s’excuse presque d’acheter à déjeuner ici : « C’est pas mauvais, même si c’est un peu de la malbouffe… Et puis, on manque de choix dans le quartier. »
Le poulet, nouvelle star des fast-foods ? Le cabinet Food service vision a recensé 700 points de vente de chaînes spécialisées dans le poulet à fin 2025. Le chiffre est en hausse de 20 % sur deux ans. Et encore : il laisse de côté les nombreux fast-foods indépendants et même quelques chaînes spécialisées que le cabinet comptabilise à part.
« Derrière le leader historique KFC, une multitude de nouveaux challengers sont en forte croissance », commente Florence Berger, directrice associée. Portés par TikTok, Instagram et les plateformes de livraison, ces nouveaux temples du poulet à petit prix conquièrent les grandes villes et leurs banlieues.
Un flou sur la provenance
À quelques centaines de mètres du Tasty Crousty de Nanterre, après plusieurs kebabs et échoppes à burgers ou à pizzas, on trouve d’ailleurs une autre grande enseigne en plein boom, Master Poulet, spécialisée dans le poulet grillé — dont les démêlés avec les autorités à Saint-Ouen, autre ville de banlieue parisienne, ont défrayé la chronique. Ailleurs, ce sont les Popeyes, Krousty Sabaïdi, Chicken Street, PB…
Auteur: Benjamin Douriez

