La note doctrinale Mater Populi fidelis, publiée le 4 novembre 2025 par le dicastère pour la doctrine de la foi, semble clore un débat : celui des titres controversés de Médiatrice et de Co-rédemptrice. Ces expressions, nées d’une piété sincère, peuvent être comprises dans un sens théologique juste, mais elles deviennent trompeuses lorsqu’elles paraissent mettre Marie sur le même plan que le Christ.
L’Église rappelle avec force qu’il n’y a qu’un seul Rédempteur (Ep 1,5-7) et Médiateur (1 Tm 2,5), le Christ Jésus. Le refus d’un nouveau dogme, demandé par certains, sur Marie « co-rédemptrice ou médiatrice de toutes grâces » n’est pas un recul de la piété, mais un appel à la vérité du symbole de la foi : la Vierge est moins l’exception dans l’histoire du salut que la révélation du sens même de l’Église.
Approfondir davantage le lien entre Marie et l’Église
Avec une certaine technicité doctrinale, la note recentre Marie sur le Christ en qualifiant son rôle de « contribution dispositive » (par son fiat elle a disposé à l’avènement du salut, paragraphes 46, 54 et 65). Mais elle cache aussi une invitation : approfondir davantage le lien entre Marie et l’Église.
C’est là que se joue le vrai cœur de la théologie mariale aujourd’hui. Citant le dernier concile, Jean-Paul II l’avait écrit dans l’encyclique Redemptoris Mater (1987) : « Marie, présente dans le mystère du Christ, reste constamment présente aussi dans le mystère de l’Église. Car l’Église aussi “reçoit le nom de Mère et de Vierge” (Constitution dogmatique Lumen gentium 63), et ces appellations ont une profonde justification biblique et théologique » (Redemptoris Mater 42).
La double relation de Marie avec l’Église
Le texte du dicastère déroule d’autres titres mariaux employés par analogie – en théologie, toute affirmation sur la grâce n’est-elle pas…
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