La Croix L’Hebdo : Comment ça va ?
Mathieu Boissier : Bien. Malgré mon planning très chargé, je suis heureux d’aller travailler. C’est incroyable d’être payé pour exercer sa passion, non ? En septembre, j’ai monté des activités de « sport santé », en collaboration avec l’association « Réseau Neuro Centre », qui m’envoie des patients atteints de sclérose en plaques et de maladie de Parkinson. Ça marche bien. Ce projet va sûrement être reconduit à la rentrée prochaine.
Avec ce public, j’adapte mes programmes, ce que je ne peux pas forcément faire en aquafitness ou en aquagym. Bref, je ne m’ennuie jamais ! Mais je travaille beaucoup. Je fais 45 à 50 heures par semaine, je rentre chez moi tous les soirs à 21 heures et je suis souvent pris le week-end… Quand j’aurais une vie de famille, j’aspirerai sans doute à un autre rythme.
Comme maître-nageur avez-vous observé un regain d’intérêt pour la natation après les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris 2024 ?
M. B. : Oui, dans le club de natation où je travaille à mi-temps, à Joué-lès-Tours, tous les gamins parlent de Léon Marchand et de ses exploits ! Et quand ils font une bonne performance, ils disent : « J’ai fait une Léon. » C’est ma première année dans ce club, mais j’ai compris qu’il y avait eu beaucoup plus de demandes d’inscriptions chez les enfants que d’habitude.
On aurait aimé avoir davantage de 16-17 ans, mais les emplois du temps au lycée ne sont pas toujours compatibles. Nous avons aussi accueilli beaucoup de nouveaux licenciés chez les adultes. Heureusement qu’il n’y a pas de demandes supplémentaires car nous aurions eu du mal à satisfaire tout le monde !
Les JOP ont-ils insufflé le goût de l’effort ?
M. B. : La motivation est un peu retombée cet hiver. Comme on travaille dans un bassin extérieur, c’est un peu plus dur de se motiver en ce moment à cause du froid. Le goût de l’effort…
Auteur: Recueilli par Xavier Renard

