Après trois mois de blocage et de débats, les députés n’auront finalement pas voix au chapitre : le Premier ministre Sébastien Lecornu est revenu sur sa promesse de ne pas utiliser l’article 49.3 de la Constitution et a engagé la responsabilité de son gouvernement vendredi 23 janvier pour faire adopter les parties recettes et dépenses du budget.
En réponse, le groupe La France insoumise (LFI), avec les communistes et les écologistes, a déposé une première motion de censure qui a échoué à 19 voix près. Une deuxième doit être examinée mardi. Pour la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, cette séquence budgétaire est révélatrice de l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays.
Reporterre — Que raconte la manière dont est adopté ce budget de notre vie politique ?
Mathilde Panot — On assiste à une interminable fin de règne. C’est le trentième 49.3 utilisé depuis 2022 par la macronie. Une macronie battue trois fois dans les urnes, qui a vu défiler cinq Premiers ministres et qui continue coûte que coûte une même politique dont plus personne ne veut dans le pays. On va de passage en force en passage en force avec, à chaque fois, un impact sur la vie du peuple : les budgets, la retraite… Il semble impossible de continuer ainsi pendant encore quinze mois.
En réponse à l’usage répété de l’article 49.3, votre parti, LFI, dépose des motions de censure… que le Parti socialiste a décidé de ne pas voter. Quel regard portez-vous sur cette décision ?
Ce que fait le Parti socialiste actuellement, c’est permettre à Emmanuel Macron de continuer une politique détestée par tous. Pour ça, il va de renoncement en renoncement. Rappelez-vous, en 2024, c’était : « S’il n’y a pas un gouvernement NFP, nous censurons le gouvernement ». Puis, « s’il n’y a pas d’abrogation de la réforme des retraites, nous censurons ». Puis, « s’il…
Auteur: Amélie Mougey

