Maths, lecture : le niveau des élèves baisse-t-il vraiment ?

La démocratisation scolaire va-t-elle inévitablement de pair avec une perte des exigences et des acquis scolaires ? Les résultats successifs des enquêtes PISA (Programme for International Student Achievement) plaident en ce sens, laissant entrevoir que le meilleur système éducatif au monde serait à chercher hors de l’Hexagone.

Au-delà des critiques – souvent légitimes – sur leur méthodologie et leur pertinence, ces publications invitent, telles des lanceurs d’alertes, à questionner la politique éducative, si ce n’est économique des pays.



À lire aussi :
Maths à l’école : d’où vient le problème ?

Cependant, se focaliser sur les seuls résultats des enquêtes PISA peut s’avérer trompeur, notamment pour évaluer les tendances sur le long terme. Pour avoir une vue d’ensemble plus précise des évolutions en mathématiques et en lecture, nous avons repris les conclusions des principales enquêtes sur les acquis des élèves menées sur un demi-siècle (1970-2020) dans les 20 pays de l’OCDE et construit une base de données comparatives autour d’une grille de lecture qui permette de les mettre en regard et les comparer, au-delà des différences de méthodologie.

Un bilan décevant en 2020

De façon analogue à PISA, nous mesurons la performance sur une échelle de scores allant de 1 à 1 000, avec une moyenne internationale à 500. Au regard des résultats obtenus, la photographie de l’état de santé de l’école française en 2020 n’est guère exaltante.

En comparaison internationale, la France se situe toujours en dessous de la moyenne des pays développés. Certes, au niveau secondaire, l’écart est faible en lecture (moins de 10 points), mais c’est à l’évidence au niveau primaire que le retard de compétence est important. Qui plus est, il est particulièrement significatif en mathématiques : les élèves français affichant un score inférieur de 30 points à la moyenne des scores obtenus au sein des autres pays développés.



À lire aussi :
Orthographe : les élèves font deux fois plus de fautes que leurs parents

Notons ici que le Royaume-Uni apparaît comme particulièrement performant en mathématiques, avec près de 560 points, soit 80 points de plus que la France.

En lecture, le niveau des élèves français s’avère médiocre. Les scores obtenus atteignent difficilement la moyenne au sein d’un panel de plus de 50 pays. En extension, leur niveau est très en dessous de celui des 20 pays les plus développés de l’OCDE. Dans les faits, 40 points séparent les élèves de CM1 en France de leurs homologues étrangers. En mathématiques, l’écart observé entre la France et l’Allemagne par exemple équivaut à une année d’études.

Un niveau en hausse depuis 1970

Quoiqu’il en soit, sur le long terme, il ressort que le niveau a significativement progressé depuis 1970. La hausse est notable dans tous les domaines (lecture et mathématiques) et niveaux scolaires (primaire et collège).

[Près de 80 000 lecteurs font confiance à la newsletter de The Conversation pour mieux comprendre les grands enjeux du monde. Abonnez-vous aujourd’hui]

En France, depuis 1970, l’évolution des scores en lecture est substantielle. Alors qu’un élève du collège obtenait un score plutôt faible en lecture, son niveau a augmenté de près de 16 % sur un demi-siècle : il est passé de 430 à 502 points. D’ailleurs, cette hausse se retrouve à la fois en lecture et en mathématiques. De manière très concrète, cette hausse d’environ 70 points équivaut à 2 années d’acquis scolaires en plus.

Les résultats sont tout aussi significatifs en mathématiques, avec l’équivalent d’une année d’acquis scolaires gagnée en 50 ans.

Il y a donc bel et bien eu des progrès, tant en lecture qu’en mathématiques, à l’école primaire et au collège depuis les années 1970. En même temps, dès les années 1990, un tassement semble s’opérer au niveau primaire, tandis que la performance au collège ne diminue qu’une décennie plus tard.

Confronter ces réalités historiques à la variation des…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Nadir Altinok, Maître de conférences, IUT de Metz, UMR BETA, Université de Lorraine

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com