Salut Matthieu, pour les personnes qui ne te connaîtraient pas encore, est-ce que tu peux te présenter et nous rappeler ton parcours ?
Je m’appelle Matthieu, j’ai 37 ans, je suis humoriste, et handicapé depuis une chute d’échelle à l’âge de 10 ans qui m’a plongé pendant 2 mois dans le coma.
En sortant de ton spectacle « En bas de l’échelle » , j’ai repensé en boucle à un chiffre : seulement 3% des stations de métro à Paris sont accessibles en fauteuil roulant. Impensable, notamment dans une ville qui vient d’accueillir les Jeux Olympiques… Comment fais-tu au quotidien pour te déplacer, et garder ton calme face à une telle situation ?
Je peux quand même un peu marcher, monter et descendre des escaliers, mais c’est vrai que c’est galère ! Mais pas que pour moi. Pour les femmes enceintes, les personnes âgées, ou même les gens avec une jambe dans le plâtre. Je prends beaucoup de taxis et de VTC. Et le bus aussi, quand faut pas l’attendre 20 minutes…
Tu racontes que les Parisiens sont prêts à tout pour ne pas te laisser une place assise dans le métro… ça fait quoi de rentrer dans un métro où tout le monde regarde en l’air ?
Ça dit beaucoup sur comment on vit en société. On est dans un monde où les gens sont quand même assez égoïstes et égocentriques. Je pense que c’est aussi un problème culturel. Il y a moins ce problème à l’étranger, notamment à Londres ou à Barcelone.
Le pire c’est quand je me suis fait embrouiller par un mec valide parce que je lui ai fait remarquer qu’il n’était pas prioritaire dans l’ascenseur pour accéder au quai, alors qu’il y avait plein de monde qui attendait.
Au-delà du handicap, tu parles de plusieurs sujets de société dans ton spectacle. Les services publics, l’hôpital, les rapports hommes-femmes, la police, la sexualité, etc. finalement, on peut rire de tout, et… avec tout le monde ?
Je pense que oui. En tout cas, je ne me mets pas…
Auteur: Thomas Wagner

