Mazan : tous coupables, et après ?

Tous coupables. Ce verdict conclut les quatre mois du très médiatique procès des viols de Mazan. Tous coupables, et après ? En refusant la tenue du huis clos, Gisèle Pelicot a permis à la société d’assister, virtuellement, au procès de son ex-compagnon, Dominique Pelicot, et des 50 autres accusés. La collectivité a pu observer, en direct sur les réseaux sociaux ou en résumé dans la presse, un aperçu de l’horreur vécue pendant des années par celle qui habitait ce petit village du Vaucluse, Mazan.

Chacun·e pouvait appréhender les différentes étapes de ce procès : les prises de parole, les analyses psychologiques, les débats autour des éléments matériels du dossier – en l’occurrence les vidéos, nombreuses, et implacables – mais aussi les plaidoiries, nécessaires, malgré leur violence quand elles renversent la culpabilité.


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Pendant des semaines, journalistes, intellectuel·les, universitaires et personnalités ont produit des discours tâchant de dessiner les contours de ce qui se trouvait sous nos yeux, ouvrant dans nos vies quantité de débats, confidences ou prises de position. La monstruosité de Dominique Pélicot a été examinée, raffinée, critiquée.

L’héroïsation de Gisèle Pelicot, aussi, bien que son courage ait continûment été souligné. Dans le détail, ce procès a rendu possible l’examen public d’attitudes banales des accusés face à leurs actes inouïs de barbarie. Et a commencé à mettre tout doucement en lumière la question du traitement des victimes par les institutions judiciaires.

Les procès pour violences sexistes et sexuelles doivent nourrir la réflexion collective, celle de la société tout…

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Auteur: Salomé Dionisi

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