Dans une chambre de l’hôpital de Nabatiyé, au sud du Liban, un homme est recroquevillé. Replié en position fœtale sous un drap blanc. Son visage est sale, couvert d’une légère poussière grise. Sur le haut de son crâne, un pansement blanc tient à peine. Il porte un polo bleu marine où il est inscrit en rouge : sapeur-pompier. Qassem est secouriste bénévole. Il y a deux heures, son ambulance a été pulvérisée par une frappe aérienne.
« Un de mes collègues est mort, il était à l’arrière », souffle d’une voix brisée le père de famille. Ses yeux se remplissent de larmes et sa bouche se crispe. Qassem lutte pour ne pas éclater en sanglots. « C’est moi qui étais au volant. On était en route pour aller récupérer le corps d’une victime sous des décombres. Une première frappe de drone est tombée juste devant nous. J’ai appelé mes chefs pour savoir si on devait continuer, ou faire demi-tour. Et là, les Israéliens nous ont visés une deuxième fois. »
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Au moment de l’explosion, Qassem a perdu connaissance, il s’est réveillé sur un brancard au service des urgences. De son ambulance, il ne reste quasiment plus rien. Sa carcasse est figée sur le bord de la route à moins de cinq kilomètres de l’hôpital de Nabatiyé. La puissance du missile tiré depuis un drone a tordu le métal du véhicule. Seul le fauteuil où était assis l’ambulancier est encore reconnaissable. Le volant et la porte côté conducteur sont intacts.
Tout le monde connaît notre travail : nous sauvons les gens. On ne transporte pas d’armes.
Qassem
Qassem est un miraculé. « Tout le monde connaît notre travail : nous sauvons les gens. On ne transporte pas d’armes. Si c’était le…
Auteur: Céline Martelet

