« Meeting nazi = meeting interdit ! »

Les 24 et 25 octobre prochain, le Rassemblement national tiendra son XIXe congrès à Orléans. Pour l’occasion, nous publions une série d’archives en trois dates et trois volets qui reviennent sur les interdictions militantes de meeting fascistes. Cette semaine, le 9 mars 1971, lorsque l’organisation fasciste Ordre nouveau, tente un coup d’éclat en organisant un meeting au Palais des sports à Paris. L’objectif est d’y rassembler 10.000 partisans pour paraître en position de force et imposer sa capacité à s’exposer publiquement.

Née en décembre 1969, l’organisation est encore jeune. Elle est constituée sur les cendres d’Occident — une organisation fasciste dissoute le 1er novembre 1968 — avec des militants du GUD et l’équipe de rédaction du journal L’Élite européenne. Le nom de l’organisation se réfère au « neuordnung », aussi appelé « nouvel ordre européen », une notion nazi désignant un projet de réorganisation raciale et territoriale de l’Europe.

Le 9 mars 1971, un journaliste présent dans la salle rapporte une « atmosphère néo nazi » dans le meeting. Jean-Marie Le Pen est présent en tant qu’observateur, un an plus tard il lancera le Front national avec Ordre nouveau.

Dehors, plusieurs milliers de militants antifascistes se sont réunis pour interdire le meeting. La police s’interpose et les combats entre militants révolutionnaires et le combo police-fascistes va durer plusieurs heures. Finalement, seuls 2000 à 3000 fascistes auront assisté au meeting, mais Ordre nouveau à réussi à imposer la protection du gouvernement Pompidou, avec le soutien actif du ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin.

Archive 1 : « Qu’est-ce qu’Ordre nouveau »

Rouge, n° 100, 8 février 1971

« Ordre Nouveau » a décidé de présenter des candidats aux prochaines élections municipales. Depuis le début de l’année le mouvement mène sa campagne. Pour obtenir droit de…

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Auteur: dev