Mégabassines : comment le gouvernement a préparé l'opinion à un mort

Le spectre d’un nouveau Sivens plane sur les mobilisations antibassines. Deux militants se trouvent toujours entre la vie et la mort après la manifestation du 25 mars à Sainte-Soline (Deux-Sèvres). Le premier a reçu une grenade assourdissante au niveau de la tête, le second a été touché à la trachée.

Ces drames, couplés aux centaines d’autres blessés, ne doivent rien au hasard. Le scénario était écrit à l’avance par le gouvernement et la préfecture, estiment les militants. Dans une série de discours anxiogènes, les autorités ont préparé les esprits à l’éventualité d’un mort et à un déchaînement de violences.

Au cours d’une conférence de presse, dès dimanche 26 mars, Julien Le Guet, porte-parole de Bassines non merci, a dénoncé « une stratégie de la tension délibérée » qui a conduit droit « au désastre ».

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La veille du rassemblement, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin donnait l’impression d’avoir déjà imaginé, à sa façon, la teneur de l’événement. « Nous verrons des images extrêmement dures, pronostiquait-il sur CNews. Il y aura une très grande mobilisation de l’extrême gauche et de ceux qui veulent s’en prendre aux gendarmes et peut-être tuer des gendarmes et tuer les institutions. »

Le même jour, la préfète du département des Deux-Sèvres, Emmanuelle Dubée, renchérissait : « Nous nous attendons à des violences importantes », déclarait-elle lors d’un point presse. Le matin, sur France Inter, avant le départ de la manifestation, le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, affirmait aussi qu’il y avait « dans le cortège des gens déterminés qui ne pensent pas la vie humaine comme un bien précieux ».

« Le gouvernement se préparait à nous faire la guerre »

Mises bout à bout, ces paroles font système et construisent un récit policier fantasmagorique, destiné à faire peur. « On aurait dû lire entre les lignes et comprendre que le gouvernement se préparait à nous faire la guerre, relate Julien Le Guet. Nous sommes tombés dans un piège. »

Trois jours après le rassemblement, le 28 mars, le ministre de l’intérieur annonçait la dissolution des Soulèvements de la Terre l’un des collectifs organisateurs, en raison de « violences répétées, attaques contre les forces de l’ordre, appels à l’insurrection ».

Cela faisait déjà plusieurs mois que les autorités cherchaient à criminaliser les militants antibassines. Gérald Darmanin les avait en effet qualifiés d’« écoterroristes » en octobre dernier. Et la pression montait crescendo. Sylvain Griffault, le maire de Melle, la commune où se déroulaient les concerts et les…

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Auteur: Gaspard d’Allens Reporterre

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