« C’est le jugement qu’on attendait depuis 2018 : c’est une bouffée d’oxygène ! » Aux côtés de Joëlle Lallemand, présidente de l’Apieee, une association de protection de l’eau, neuf autres structures ont repris leur souffle mercredi 18 décembre.
À la suite à leur requête, la cour administrative d’appel de Bordeaux a suspendu les autorisations environnementales de 4 des 16 réserves de substitution du projet Sèvre-Niortaise Mignon. Ces mégabassines du Poitou sont donc, de fait, désormais illégales. Si la décision ne signe pas la fin des bassines, elle s’inscrit dans une série de jugements qui pointent leurs failles juridiques.
« C’est une victoire, lance Julien Le Guet, porte-parole du collectif Bassines non merci. Cette décision confirme que nous avions raison d’aller manifester le 25 mars [2023] à Sainte-Soline. » Parmi les quatre ouvrages condamnés figure l’emblématique bassine (à l’époque, un trou de 16 hectares) vers laquelle avaient convergé l’an dernier des milliers d’opposantes et d’opposants sous une pluie de grenades et dans un brouillard de lacrymo. Dans le cortège, défilait une marionnette géante d’un oiseau du terroir : l’outarde canepetière.
Une menace sur les oiseaux de plaine
Parmi les arguments présentés, la cour a retenu spécifiquement la menace que l’implantation des mégabassines fait planer sur l’habitat de ce gros faisan protégé en danger d’extinction. Président du Groupement ornithologique des Deux-Sèvres, Jean-Michel Passerault voit dans cette décision l’écho à un long cri. « Nous essayons d’alerter depuis 2016 : les bassines s’implantent dans une zone Natura 2000 du fait des oiseaux de plaine. »
« Ce n’est pas la victoire d’un quelconque volatile : l’outarde est une espèce parapluie, c’est tout son écosystème qui est en jeu », insiste Joëlle Lallemand….
Auteur: Sylvain Lapoix

