Mégafeux : en 20 ans, ils ont doublé de fréquence et d'intensité

Seules quelques silhouettes se déchirent au cœur des tourbillons de fumée impénétrable. Les casques couverts de suie, 1 150 pompiers affrontent jour et nuit le plus grand incendie qu’ait subi la Californie cette année. Inarrêtables depuis la mi-juin, les flammes ont réduit en cendres plus de 6 000 hectares de broussailles et de prairies. Et ce feu, baptisé « Post Fire », résonne déjà comme le prélude d’une saison à haut risque.

Qualifier les incendies de forêt de « plus en plus dangereux » pourrait paraître comme une évidence. Pourtant, jusqu’à présent, aucune preuve statistique ne le démontrait. Le 24 juin, trois scientifiques de l’Université de Tasmanie (Australie) ont publié leurs travaux dans la revue Nature Ecology & Evolution. En deux décennies, les feux extrêmes auraient plus que doublé, à en croire leur analyse des données satellitaires de la Nasa.

Plus précisément, entre janvier 2003 et novembre 2023, la fréquence des incendies énergétiquement extrêmes a bondi de 120 %. Et l’évolution de leur ampleur suit la même courbe : « En sélectionnant les vingt événements les plus extrêmes de chaque année, on s’aperçoit que la puissance radiative du feu a aussi été multipliée par 2,3 », détaillent les auteurs.

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Ces tendances semblent par ailleurs s’accélérer au fil du temps. Les six années les plus extrêmes, en termes de fréquence comme de magnitude, se sont toutes produites depuis 2017. Entrée dans les annales pour avoir décroché le triste record de température planétaire la plus élevée, 2023 peut ajouter à son palmarès celui des plus grandes intensités de feux de forêt jamais enregistrées.

Au-delà des chiffres, Calum Cunningham, Grant Williamson et David Bowman insistent sur les répercussions destructrices des 2 913 incendies extrêmes étudiés. En Australie, les feux de…

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Auteur: Emmanuel Clévenot