Les températures grimpent en flèche, et avec elles, le risque d’incendie aussi. Ce nouvel épisode de chaleur — après celui de mai à la précocité inédite — promet d’assécher un peu plus les sols et la végétation. Résultat : la carte des vigilances face aux feux de forêt commence déjà se parer de ses couleurs d’alerte.
Le 23 juin, Météo-France a placé 20 départements en niveau élevé de danger de feux. Les feux de broussailles se sont multipliés, notamment dans le Loiret et en Saône-et-Loire. Le 15 juin, les sapeurs-pompiers de Vendée sont intervenus sur 27 feux de forêt, de champs et de broussailles — au total, quelque 77,5 hectares ont été réduits en cendres, l’équivalent de 109 terrains de football.
Et le changement climatique n’y est pas pour rien. « Les rapports du Giec sont très clairs à ce propos, dit Mélanie Rochoux spécialiste du sujet pour le Cerfacs, un centre européen de recherche scientifique. Il augmente la fréquence et l’intensité des conditions propices aux feux de forêt. » Ces conditions, les pompiers les résument au cocktail des trois 30 : un thermomètre affichant 30 °C ou plus, moins de 30 % d’humidité dans l’air, et plus de 30 km/h de vent.
Printemps pluvieux, été dangereux
Autre conséquence directe de la hausse des températures : la prolifération des insectes et des champignons. « Des hivers plus chauds favorisent les attaques de parasites qui sont généralement détruits ou affaiblis par les gelées, détaille Météo-France. Ces attaques entraînent des dépérissements importants de certaines forêts et landes de buis. Une fois morts, ces végétaux deviennent particulièrement vulnérables et constituent un stock de combustible disponible pour les incendies. »
En 2025, la superficie partie en fumée en France s’est élevée à 30 400 hectares. Autrement dit, plus de deux fois plus que les 13 500 hectares consumés en moyenne chaque…
Auteur: Emmanuel Clévenot

