Megalopolis
Megalopolis / Francis Ford Coppola / 2 h 18.
Parce qu’il n’avait pas figuré dans la compétition cannoise depuis sa palme d’or pour Apocalypse Now (1979), parce qu’il n’avait pas tourné depuis Twixt sorti en 2011, parce qu’il travaillait sur Megalopolis depuis quarante ans, Francis Ford Coppola se présentait à Cannes avec le film « le plus attendu » du Festival, comme on l’a rabâché un peu partout. Et tel qu’il se profilait – fable prophétique à très grand budget (fruit d’un endettement personnel du cinéaste) – on sentait d’emblée, chez certains, du scepticisme.
Megalopolis est pourtant une œuvre littéralement extraordinaire. Même si celui qui reste l’un des plus brillants représentants du Nouvel Hollywood n’a jamais succombé à l’académisme, on aurait pu craindre qu’à 85 ans il s’assagisse, ou ait la main lourde.
Les trouvailles formelles y sont incessantes, virevoltantes, étourdissantes.
Le risque était d’autant plus grand qu’il a situé son intrigue dans une cité nommée New Rome, osant une analogie entre un avenir des États-Unis et l’empire romain au bord de la déliquescence. Cesar Catilina (Adam Driver) est le nom du héros de Megalopolis, architecte surdoué ayant mis au point une matière révolutionnaire, le megalon, à partir de quoi il a bâti une utopie. Il s’oppose au maire de la ville, Franklyn Cicero (Giancarlo Esposito), orateur habile et corrompu, mais a reçu l’appui du patriarche Hamilton Crassus III (Jon Voight), le plus puissant banquier de la cité.
Or, le péplum futuriste de Coppola se situe résolument du côté de Méliès. Les trouvailles formelles y sont incessantes, virevoltantes, étourdissantes. Ici imposantes, là d’une fantaisie insolente. Nombre d’entre…
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Auteur: Christophe Kantcheff

