Broussas (Creuse), reportage
« Siamo tutti antiporcherie », reprennent en claquant des mains les 500 manifestants en arrivant sur la plage de Broussas, au bord du lac de Vassivière, en Creuse. « No porçarán », « porcherie = pollution » : ce samedi 9 mai 2026, les pancartes hérissent le cortège familial et bariolé qui s’est élancé une heure plus tôt au stade de Royère-de-Vassivière, à 5 kilomètres de là. Il dénonce un projet d’élevage sur caillebotis de 1 200 porcs porté par le Gaec du Villard, et soutenu par la coopérative Cirhyo. « C’est génial, on est bien plus que la dernière fois », se réjouit Amandine, la trentaine, mobilisée notamment pour défendre « la première richesse d’un territoire dans les années à venir : l’accès à l’eau. Et ici, l’eau est délicieuse, elle est très peu traitée. Il faut la préserver ».
Le sujet est d’autant plus sensible que depuis 2024, le Gaec du Villard souhaite compléter son activité bovine par un élevage de 800 porcs à l’engrais et 400 porcelets en post-sevrage. Le projet s’inscrit dans la chaîne de production globale de la coopérative Cirhyo — implantée dans plus de 30 départements —, laquelle est aussi partie prenante d’une nurserie porcine à Bujaleuf (Haute-Vienne), à une trentaine de kilomètres de là.
Depuis plusieurs mois, l’objectif du Gaec du Villard, qui n’a pas souhaité nous répondre, est largement contesté. Les habitantes, les habitants, les élus locaux et les acteurs du tourisme y voient « un pied » de l’agro-industrie au cœur du parc naturel régional (PNR) de Millevaches en Limousin.
Ici, les mille vaches, ce sont les mille sources, un paysage de forêts, de landes et de tourbières qui laisse la part belle au pastoralisme et à l’élevage extensif. Un massif granitique aussi, celui des contreforts du Massif central, avec des terres peu profondes et « un milieu acide, hypersensible à…
Auteur: Nicolas Lavallée

