Un triste anniversaire. Il y a tout juste cent ans, ce vendredi 18 juillet, paraissait le premier tome de Mein Kampf (Mon Combat). Rédigé par Adolf Hitler durant son incarcération à la prison de Landsberg – où il purgeait une peine pour tentative de coup d’État – ce pamphlet expose avec virulence les fondements idéologiques du NSDAP, le parti nazi fondé en 1923 : un antisémitisme radical, une vision du monde profondément raciste, et une politique étrangère agressive, centrée sur la conquête du Lebensraum (espace vital). Si, à sa sortie, l’ouvrage connaît un succès relatif, il s’écoule jusqu’en 1945 à plus de 12 millions d’exemplaires en Allemagne, devenant l’un des symboles les plus sinistres du IIIe Reich.
« Briser le mythe », « comprendre pour mieux rejeter », « décrypter une manipulation du langage »… Depuis plusieurs années, la question de sa réédition fait régulièrement débat. Après la Seconde Guerre mondiale, Mein Kampf devient un héritage aussi lourd que sensible.
Dès 1946, à la chute du régime nazi, les Alliés saisissent les biens du NSDAP (Parti national-socialiste des travailleurs allemands). Les droits d’auteur de Mein Kampf sont alors transférés au gouvernement de Bavière, qui interdit toute réédition pour empêcher la diffusion des idées nazies. Toutefois, le droit d’auteur n’étant pas encore harmonisé au niveau international, certaines licences accordées avant-guerre restent valables, notamment aux États-Unis, où l’ouvrage continue d’être publié depuis 1933.
Négationnisme et antisémitisme
Après guerre, « bien peu de monde » souhaite se procurer le pamphlet de Hitler, « sinon ceux qui achètent le livre par bravade, ou encore, pour la nouvelle génération, par curiosité », explique l’historien Claude Quétel dans son ouvrage Tout sur Mein Kampf (éditions Perrin). Et puis, « l’intérêt grandit au fil des années à mesure…
Auteur: Charlotte de Frémont
