Aujourd’hui, comme tant d’autres jours, je traverse un état de mélancolie lucide. Beaucoup, je crois, s’y reconnaîtront. Voyez-vous ce vertige nauséeux qui enserre l’âme et fait vaciller l’esprit ? Qui frappe la conscience de sursauts, d’implosions, de tristesse ? Ces choses que l’on ne partage plus… Pourquoi encore lasser ses proches ? Pourquoi les user, les désespérer, s’ils ont la chance d’être encore heureux, de profiter d’instants préservés, de fragments de magie ? Ce n’est pas le destin de tous. Et je pense sans relâche aux âmes en souffrance. Aux cris et aux peurs de ceux du Donbass et de Gaza. Non, je le regrette : il m’est impossible d’y être indifférente.
Cette mélancolie, teintée d’une amère clairvoyance, revient sans cesse. Elle s’installe. Encombrante. Absorbante. Jusqu’à épuiser notre vitalité. Elle trouble notre conscience, s’infiltrant dans nos quotidiens : faits, déclarations, sensations nauséeuses, jugements sans fondement, mépris des causes et de la raison. Nous errons dans un labyrinthe où la morale s’efface. Où l’humanité se bafoue elle-même sans retenue. Comment des postures belliqueuses, si absurdes, peuvent-elles encore s’imposer ? Comment s’installent-elles si profondément dans le déni ? Y a-t-il un infime espoir, une issue pour échapper à ce tourment ?
Les fléaux de la boîte ouverte
Comme Pandore, nous sommes face à notre propre boîte. Ce vase antique où les dieux avaient scellé tous les maux de l’humanité : la Maladie, la Guerre, la Famine, la Misère, la Folie, le Vice, la Tromperie, la Passion, l’Orgueil… ainsi que l’Espérance. La curiosité et l’insatiable désir humain de savoir ont fait s’échapper les fléaux. Nous sommes désormais confrontés à la réalité des souffrances accumulées. L’indignation nous frappe : comment avons-nous laissé ces forces destructrices se répandre ? Comment avons-nous oublié de refermer…
Auteur: Cassandre G

