On n’est pas si nombreux, parmi les journalistes, à accepter d’aller sur les plateaux pour être un contre quatre, parfois un contre cinq, à défendre Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise de tous les maux dont on les accable. L’exercice est ingrat : encaisser les caricatures, rappeler le programme quand d’autres ne parlent que d’outrances, défendre une cohérence sociale, une radicalité émancipatrice, face aux petites phrases. Nous le faisons par conviction, parce que la gauche mérite mieux que le procès permanent qui lui est intenté.
Mais ces derniers jours, quelque chose s’est déplacé. Depuis la mort de Quentin Deranque, le climat est lourd. Et dans ce contexte, certains gestes, certains ricanements, certaines inflexions ne sont pas anodins. Au meeting de Lyon, le discours était, pour l’essentiel, brillant. Une démonstration structurée, habitée, aux mots justes. Puis il y a eu ce passage sur Epstein. Et ce jeu de prononciation autour du nom du criminel, comme pour en accentuer la consonance juive. Un rire, un flottement, un froid. On nous explique que ce n’était pas intentionnel. Peut-être. Mais c’est peu crédible. Les mots, en politique, ne sont jamais innocents. Surtout venant du leader insoumis.
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Ce week-end, à Perpignan, nouvelle ironie sur la prononciation du nom de Raphaël Glucksmann. Là encore, on nous assure que cela n’a rien à voir avec l’origine juive du nom. Disons-le franchement, comme beaucoup le pense, c’est nous prendre pour des cons. Quand un responsable politique insiste sur la sonorité d’un patronyme, il sait ce qu’il produit. Ou alors qu’il ne mesure plus la portée de ses gestes. Certes, le propos n’est pas…
Auteur: Pierre Jacquemain

