Voilà près de 1 300 jours que Giorgia Meloni s’est installée au palazzo Chigi, la résidence des premiers ministres d’Italie. Arrivée comme une outsider promettant un bouleversement néofasciste à la tête de la grande botte, l’euphorie de la campagne électorale de 2022 s’est dissipée.
Pour la première fois depuis son élection, la cote d’approbation de Meloni est descendue à 41 % selon Ipsos, portée à son plus bas niveau par une série de scandales. Elle paye aussi sa proximité avec Donald Trump, qui s’est retournée contre elle à mesure que la brutalité de la géopolitique trumpiste a mis l’Italie dans une position inconfortable vis-à-vis de ses partenaires européens et de la population italienne.
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Pour comprendre le mandat de Meloni, il faut d’abord regarder vers la Méditerranée et la question de l’immigration, cheval de bataille de son parti Fratelli d’Italia. En 2022, la candidate martelait sa volonté d’imposer un « blocus naval » et de stopper « l’invasion migratoire ». Un an après, en novembre 2023, un traité est signé entre le gouvernement italien et les autorités albanaises. Avec un coût estimé à 160 millions d’euros par an pour l’Italie, l’accord visait à mettre en place des « hubs de retour », ou plutôt des centres de rétention et de déportation sur le territoire albanais pour les demandeurs d’asile.
Piégées
Le projet s’est vite effondré sous le poids de ses propres contradictions. En un an de fonctionnement, 132 personnes auraient été envoyées dans ces centres. Et le gouvernement s’est vite heurté à la réalité économique et démographique de la péninsule. Selon les…
Auteur: William Jean

