Montpon-Ménestérol (Dordogne), reportage
Deux personnes, puis quatre, puis dix… En quelques minutes, la place de la mairie de Montpon-Monésterol, s’agite et se remplit. Julien Pineau ne savait pas à quoi s’attendre quand il a lancé l’appel à manifester « avec ou sans gilet » quelques jours plus tôt, sur les réseaux sociaux. Près de 80 personnes ont finalement rejoint le mouvement samedi 17 octobre au matin. « J’espérais une convergence des luttes depuis longtemps. J’espère que ça va prendre. »
Gilet jaune de la première heure, Julien passait tous ses weekends, en 2018, sur les ronds-points ou dans la caravane où la petite troupe se retrouvait. « Le groupe qu’on a créé cette année-là, aujourd’hui, c’est comme ma famille. » D’anciens de la bande ont ressorti le gilet ou la parka fluo, mais beaucoup sont absents ce matin. « La répression a été telle que maintenant, certains ont peur d’aller manifester », déplore Julien. Lui-même garde des séquelles d’une grenade de désencerclement qui l’a atteint à la jambe : « Un bout de caoutchouc a touché l’artère. Je devrais me faire opérer, mais je ne voudrais pas rater la révolution si elle a lieu… », sourit Julien.
Certains de ses amis en jaune ont quand même fait le déplacement : sur la route qui mène au rond-point de l’Intermarché, « Bob » salue toutes les voitures qui s’arrêtent pour laisser passer le cortège. À l’époque, ce Belge exilé en Dordogne avait installé une tireuse à l’arrière d’un vieux corbillard, et servait des bières aux Gilets jaunes qui bloquaient les péages et les stations essence. « Depuis, avec Julien, on est restés proches. »
« Ici, on doit prendre la voiture pour tout »
Il n’y a pourtant pas que des Gilets jaunes dans les rues de Montpon. Des retraités, des travailleurs, des lycéens, de nouveaux arrivants et des familles historiques, qui se retrouvent autour…
Auteur: Amandine Sanial
