Saint-Pierre-la-Garenne (Eure), reportage
« Ni ici, ni ailleurs » était l’un des mots d’ordre de la mobilisation du 3 octobre contre les pesticides, qui ciblait le géant de l’agrochimie Syngenta, aux abords de son site normand à Saint-Pierre-la-Garenne. À l’appel des Soulèvements de la Terre, de la Confédération paysanne, de Cancer Colère et du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest, des milliers de personnes ont manifesté.
Syngenta, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, a publié un communiqué : « 70 % de la production actuelle du site est utilisable en agriculture biologique », ont-ils défendu. Ils ont ajouté que « les pesticides modernes font partie des outils dont disposent les agriculteurs pour protéger leurs cultures et contribuer à garantir un approvisionnement alimentaire fiable ».
Face à la « violence chimique » de la multinationale, c’est « une action collective internationale » que les organisateurs ont souhaité mettre en lumière. Des marches ont été organisées en Angleterre, par le syndicat Landworkers’ Alliance vers un site de Syngenta, et en Suisse, notamment à l’initiative de l’association Public Eye.
Les manifestations suisses se sont déroulées à Monthey, où se trouve une usine de Syngenta responsable d’une grave pollution du lac Léman, ainsi qu’à Bâle, où se trouve le siège de la firme rachetée en 2017 par le conglomérat chinois ChemChina.
Dans l’Eure, des paysans membres de la Via Campesina des Pays-Bas, du Danemark et de Belgique ont rejoint le cortège. Roose Saat, paysanne néerlandaise, a fait le trajet depuis sa ferme pour se joindre à la manifestation. Son exploitation familiale fonctionne sans pesticides.
« Maintenir ce système toxique au niveau européen est un non-sens »
« On voit la terre qui devient de plus en plus saine et bonne, ça prouve que c’est possible. Maintenir ce système toxique au…
Auteur: Léa Guedj, Pierre-Yves Lerayer
