Regarder la guerre en face. En France, la démarche demande un effort. Notre pays vit en paix depuis l’indépendance de l’Algérie. Des soldats à l’écusson tricolore sont certes engagés dans des opérations extérieures, sous le drapeau national ou ceux de l’ONU, de l’Otan et de l’Union européenne. Mais le fracas des armes et le drame des pertes civiles restent des réalités lointaines, en dépit du déluge d’images propagées par les réseaux sociaux.
Et pourtant, la menace se rapproche car un ennemi nous désigne : la Russie. Vladimir Poutine a déclenché en 2022 l’invasion de l’Ukraine, mais son projet est plus large : il veut disloquer le continent européen pour y déployer son empire. Les états-majors alertent de ce fait sur le risque d’un conflit dans lequel des troupes françaises devraient être massivement engagées.
L’Église a foi en un Dieu de paix
Cohérente avec sa mission d’information, La Croix a décidé de sensibiliser ses lecteurs à ce sujet. Elle participe ainsi au débat sur les efforts nécessaires, à l’échelle nationale et européenne, pour dissuader Moscou de tenter l’aventure. Sous la thématique « Affronter la guerre, conquérir la paix », notre journal s’engage en s’adossant à la vision chrétienne de la paix. Pour l’Église catholique, la guerre n’est jamais inéluctable. Le pape Léon XIV, dans les pas de ses prédécesseurs – « Plus jamais la guerre », s’écriait Paul VI à la tribune de l’ONU en 1965 –, souligne dans son encyclique Magnifica humanitas que le recours aux armes n’est jamais une solution dont l’humanité saurait se satisfaire. L’Église a foi en un Dieu de paix. Elle a confiance dans la capacité des êtres humains à être artisans de paix.
Alors que la guerre gronde non loin de nous, nous sommes ainsi invités à tisser les fils du réalisme et d’une pensée spirituelle profonde. Nombre de militaires…
Auteur: Jean-Christophe Ploquin

