Plus personne n’y croyait. Pourtant, la ligne des Causses, ou ligne de l’Aubrac, va pouvoir être sauvée. Depuis mars, le tronçon de 26 km le plus vétuste de la ligne, entre Neussargues (Cantal) et Saint-Chély-d’Apcher (Lozère), suit une cure de jouvence. La voie, âgée par endroits de presque un siècle, va être totalement renouvelée. Un chantier de 43 millions d’euros, financé à 91,5 % par l’État et 8,5 % par SNCF Réseau.
Pour l’instant, l’Intercités Aubrac est l’unique train de voyageurs à circuler sur ce segment essentiel de la ligne de Clermont-Ferrand à Béziers. C’est aussi le seul à parcourir la ligne de bout en bout. S’agissant d’un train d’équilibre du territoire (TET), « l’État doit plus participer sur l’Aubrac que sur les autres lignes », estimait en 2021 auprès de Reporterre Jean-Luc Gibelin, le vice-président aux transports de la région Occitanie. C’est donc chose faite. « Si ce tronçon n’avait pas été rénové, il aurait fermé, et le TET Aubrac aurait été supprimé », explique-t-il aujourd’hui.
Côté fret, un train approvisionne l’usine ArcelorMittal de Saint-Chély-d’Apcher en bobines d’acier, les coils, quatre fois par semaine. Le train est vital pour l’usine, poumon économique de la Lozère. La fermeture définitive de ce tronçon de ligne aurait condamné l’usine. L’approvisionnement par camions n’est pas viable à long terme.
Pourtant, rien n’était gagné. En mai 2023, le ministre des Transports, Clément Beaune, s’était montré « très pessimiste », explique Patricia Rochès, maire de Coren et présidente de l’association Les Amis du viaduc de Garabit (Amiga). « Il m’avait dit qu’il fallait que nos régions financent, dit-elle. Mais il connaissait le dossier, on sentait que c’était un sujet tendu. Impossible de mettre en péril 250 ouvriers et un TET pour 26 kilomètres de voie non entretenus. »
La présence…
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Auteur: Élie Ducos

