La démarcation officielle du territoire Yanomami date de 1992 : cela signifie que ces terres sont en théorie protégées et que le droit des populations autochtones y est reconnu par le gouvernement brésilien. Il s’agit de 90 000 km2 à la frontière entre le Brésil et le Venezuela, soit deux fois la superficie de la Suisse.
La population Yanomami est estimée à 38 000 habitants, selon les organisations Survival International et l’APIB (Articulation des Peuples Indigènes/autochtones du Brésil). Il s’agit d’autochtones vivant dans la forêt amazonienne et ayant historiquement très peu de contacts avec le monde extérieur. Ils n’ont pas les barrières sanitaires que le reste de la population a naturellement développées au fil du temps, ce qui les rend particulièrement vulnérables à diverses épidémies. Ils continuent de vivre de chasse et de pêche, selon des traditions ancestrales.
L’orpaillage : poison pour la nature et menace pour les autochtones
L’Amazonie est la région du monde où la biodiversité est la plus riche. En matière de faune et de flore, mais aussi de minerai. Elle suscite l’intérêt de ceux qui la voient comme un territoire dont les ressources pourraient favoriser le développement du pays. La misère dans laquelle continue de vivre une partie de la population brésilienne est cependant davantage causée par l’inégale redistribution des richesses qu’au combat des écologistes et défenseurs des populations autochtones qui empêchent l’exploitation et la destruction des matières. Mais ce n’est pas la question ici.
La principale menace qui pèse sur la population autochtone Yanomami est l’orpaillage illégal. Les chercheurs d’or commercent avec de grandes multinationales en Europe, en Arabie saoudite ou en Inde. Pour séparer l’or des alluvions, les orpailleurs utilisent du mercure, qui empoisonne l’eau des rivières, et provoque chez les populations locales une famine extrême et un manque d’accès aux soins face, notamment, à la malaria. Une étude de la police fédérale brésilienne a montré que le taux de mercure dans l’eau des rivières du territoire Yanomami était 8600 fois…
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Auteur: Jean-Francis Poulet

