Vous lisez l’enquête « Eacop : emprise Total, résistances locales ».
C’est l’un des projets d’extraction d’énergie fossile les plus titanesques en cours de réalisation, loin de nos regards, et qui nous concerne pourtant toutes et tous : Tilenga-Eacop, de plus de 1 400 km à travers l’Ouganda et la Tanzanie. Un oléoduc chauffé battant tous les records, dans le but d’exporter du pétrole ougandais vers le monde entier : pour nos voitures, nos avions, notre plastique, nos cosmétiques. Reporterre vous emmène tout au long du tracé, à la rencontre des habitants et des paysages bouleversés.
Kampala (Ouganda), reportage
Entre les bâtiments des sciences de l’informatique, de littérature, d’histoire des religions et des arts, les étudiants de Kampala circulent d’un pas tranquille, habillés avec élégance. Le campus universitaire de Makerere est l’un des plus grands et des plus cotés d’Afrique de l’Est. L’atmosphère pourrait y être insouciante, avec tous ces jardins où déambulent aussi des marabouts d’Afrique, une espèce d’échassiers très répandue en Ouganda. Mais dès l’entrée, des militaires, certains cagoulés, surveillent les allées et venues. Sur le campus, à chaque intersection, un ou plusieurs d’entre eux sont postés sur une chaise. La main vaguement posée sur leur arme.
La liberté apparente de la jeunesse ougandaise est en réalité sous surveillance. Ce n’est d’ailleurs pas dans l’université que Reporterre a rencontré quatre étudiants opposés au pipeline Eacop, le projet titanesque de TotalEnergies sur plus de 1 400 km entre l’Ouganda et la Tanzanie. « Pas assez sûr », avait tranché Bryan Waiswa, 26 ans, privilégiant le jardin d’un hôtel confidentiel.
L’étudiant en droit est l’un des piliers du mouvement de jeunesse anti-Eacop. Depuis fin 2022, quelques dizaines d’étudiants comme lui s’opposent au projet de la multinationale française,…
Auteur: Gaspard Njock, Maïa Courtois

